Diffusion du Film "Des clefs dans la poche" - Un film d'Edouard Zambeaux

Publié le lundi 07 mars 2016
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Des clefs dans la poche
(Un toit pour une nouvelle vie)
Réalisé par Stan et Edouard Zambeaux

 

 

 

 

 

Edouard Zambeaux, Journaliste spécialisé sur les banlieues et les questions sociales, sera l’animateur des XIIIe rencontres nationales de Citoyens et Justice, les 16 et 17 juin 2016 à Cergy Pontoise.

 

Il produit et présente l’émission « Périphéries » le dimanche à 12 h 45 sur France Inter.

 

Nous vous invitons à visualiser le film « Des clefs dans la poche » qu’il a produit en partenariat avec l’association Aurore, associations adhérente à Citoyens et justice et qui sera diffusé à partir du 20 mars :

Diffusion sur Public Sénat le 26 mars 2016 22h et le 27 mars 09h, précédée d’une diffusion en avant-première digitale sur les sites de Public Sénat et de France Inter à partir du dimanche 20 mars 2016.

 

Synopsis :

En Île-de-France, après avoir payé leur loyer, 350 000 ménages sont en grande précarité. Plus d’un quart des SDF ont un emploi. Tous les jours, le Samu Social paye 30 000 nuits d’hébergement pour des sans-domiciles. A Paris, un logement social est libre une fois tous les vingt ans alors qu’à Aurillac, il est libre une fois tous les cinq ans grâce à une réelle évolution du parcours locatif des habitants.

Forts de ces constats, l’association Aurore, qui vient en aide à 15 000 mal-logés ou SDF en Île-de-France, et la société Polygone, bailleur social à Aurillac, ont élaboré un partenariat pour une expérimentation sociale. Aurore a proposé à quelques-uns de ses “bénéficiaires” d’aller voir si l’herbe est plus verte ailleurs…  Polygone s’engage de son côté à trouver un logement accessible aux candidats au départ et mobilise son réseau pour décrocher un emploi.

Quitter la précarité parisienne pour tenter de se reconstruire un avenir à Aurillac (Cantal). C’est le projet de vie que tentent une dizaine de familles ou d’individus isolés via un nouveau soutien social en expérimentation proposant logement, et accompagnement social pour faciliter l’accès à l’emploi.  Ce film condense deux ans dans les pas de ces personnages qui veulent se relever et de ceux qui les soutiennent. Cette initiative renvoie à des questions politiques cruciales, à travers les yeux des bénéficiaires. L’aventure humaine qui en découle est au coeur du film : les espoirs et la difficulté de se relancer dans une nouvelle vie, la force et la volonté qu’il faut pour tout reprendre à zéro ailleurs et parfois se heurter à la force des préjugés.

Cette approche est aujourd’hui de manière méthodique organisée par l’Union Sociale pour l’Habitat (USH) qui lance un programme expérimental pour la construction de 10 000 logements, dits accompagnés, à travers le pays. Des logements qui justement veulent aller plus loin que la « simple fourniture de murs » pour les plus fragiles. Les territoires ruraux ou à faible densité, forts de leur parc immobilier, sont en première ligne pour inventer et proposer des micros-solutions qui pourraient être généralisées. L’expérimentation d’Aurillac est l’un des premiers projets de logement accompagné retenu par l’USH.

 

Les personnages du film

Palika et Athula Withanagé sont un couple d’exilés politiques du Sri Lanka avec leur fils Sakun, âgé d’une dizaine d’années à leur arrivée en France. Athula était journaliste, menacé de mort, exfiltré par Reporters sans frontières. Il s’est d’abord réfugié au Népal avant de gagner la France et d’être rejoint deux ans plus tard par sa femme et son fils. Les six premiers mois de son exil en France se sont déroulés à la « maison des journalistes ». Ensuite il a du trouver un logement par ses propres moyens et a loué pour 550 Euros par mois une pièce dans un appartement où ils cohabitaient avec une autre famille. Avec le départ à Aurillac, il s’agit pour les Withanagé de reconstruire leur vie après une émigration forcée et d’accepter un déclassement. Cela passe par l’apprentissage de la langue, l’appropriation d’un nouvel espace et d’une nouvelle culture, la continuité de la scolarisation de l’enfant, la recherche d’un emploi et la vie de famille.

Stéphane Giraud

Stéphane Giraud, 43 ans, est emblématique d’une réinsertion à travers une trajectoire sociale très « heurtée ». Stéphane a vécu une quinzaine d’années à Paris sans jamais avoir de domicile fixe. Il a connu les foyers, les centres d’hébergement et la débrouille des nuits passées dans un hall d’immeuble ou un parking. Il sort d’un long parcours de rue. C’est lui qui inspire le titre « des clés dans la poche » car cette simple hypothèse le faisait rire au début du processus. Il s’agit pour lui de se libérer de ses anciens démons de la rue, de poli-addictions, de repartir sur de bonnes bases, d’apprendre à vivre seul dans son propre logement, trouver un emploi et reconstruire des relations avec les autres.

Hamza Mekfi

Hamza Mekfi, la soixantaine, d’origine algérienne, est une sorte de fantôme qui hante les murs de Paris. Il se sent parfois comme l’ombre de lui-même. 

Il ne parviendra pas à s’extraire de la nasse de Paris. Opposition entre son immense désir de départ à Aurillac après les repérages et l’abandon ou le choix de conserver sa vie de promiscuité à Paris avec ses habitudes et ses rares occasions de sociabiliser.  Il incarne la malice, l’errance, la solitude, l’immigration, la vieillesse. Hamza est en quelque sorte un prisonnier de son passé et des techniques qu’il a « développées » pour s’en sortir depuis cinq ans qu’il erre dans les rues parisienne. 

Famille Morris

​Avec la crise espagnole Claudia et Manuel Morris ont décidé de quitter Cadiz. En roulant droit devant eux. A deux générations d’écart ils ont refait le chemin des émigrés espagnols de l’après guerre même si bien sûr ils ne fuyaient pas une dictature. Pour eux c’était une question de survie familiale. Ils ne faisaient plus face à leurs échéances, allaient perdre leur domicile et craignaient par dessus tout que leurs trois enfants soient placés. Ils sont en quelque sorte des « born again » tant ils ont craint le pire. A leur arrivée à Paris, ils ont habité dans leur voiture pendant quelques jours puis ont été pris en charge par le Samu social qui les a mis à l’abri en les séparant. Manuel seul à l’hôtel et Claudia avec les enfants dans un centre d’accueil. Chaque jour Manuel attendait l’heure limite pour quitter sa famille et retourner dormir dans son hôtel. Ils sont mus par une énergie vitale peu commune et leur enthousiasme face à cette opportunité qu’est le départ à Aurillac irradie le film. Ils veulent recréer une vie de famille et vivre « dans la dignité » tout simplement. 

 

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