Évolution de l'analyse sociologique des violences conjugales
Les récentes recherches ont permis d’identifier des schémas à l’œuvre, se présentant sous forme de cycles, l’analyse et la connaissance des profils des auteurs, des logiques d’actions à l’œuvre, et enfin les stratégies de contrôle coercitif ou encore la stratégie de la pseudo aliénation parentale ont été passées au crible.
L’ensemble du travail de collecte de données, d’analyse du discours des victimes et des auteurs, de recueil de parole par les associations spécialisées dans l’accompagnement des victimes d’une part et des auteurs d’autre part, les rapports de médecine légale, permettent de rendre intelligible et perceptible l’ensemble de ces mécanismes à l’œuvre, les stratégies des auteurs dans un souci d’une évolution législative, la formation des professionnel.le.s à tous les niveaux et la création de dispositifs dont l’efficacité est recherchée.
Les stratégies de certains auteurs reflètent des modes de pensée et de comportement caractéristiques qui sont associés à la violence familiale : contrôle coercitif, sentiment de privilège, manque d’empathie, possessivité, manipulation, minimisation, déni, accusation et domination.

Ces schémas de conduite sont déployés pour contrôler la vie des femmes, les empêcher de jouir de leurs droits fondamentaux notamment la liberté d’aller et venir, de s’exprimer, de penser, d’entretenir leurs liens familiaux. Il s’agit de contraindre leur liberté, ce qui est incompatible avec les principes républicains d’égalité, de liberté et la législation en vigueur. En d’autres termes, la violence conjugale ne se résume pas à de la violence physique ou situationnelle, mais bien à des actes répétitifs qui se cumulent et qui créent un climat de terreur.
Genre et violences conjugales
Les violences conjugales sont considérées comme un phénomène social que la dimension de l’intime et de l’espace familial a longtemps rendu difficilement perceptible. Elles s’inscrivent également dans un héritage de culture patriarcale où les violences et corrections des maris vis-à-vis de leurs femmes étaient encouragées et légitimées. Les relations de couple étaient ainsi pétries de relation de domination où femmes et hommes étaient enfermés dans des attentes sociétales précises : pourvoyeur de ressource et protecteur pour l’un et s’occupant des enfants et du foyer pour l’autre.
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L’égalité entre les femmes et les hommes en droit est venu bousculer les modèles traditionnels de couple et de famille. Selon les textes internationaux et européens en la matière, les violences conjugales s’inscrivent dans des violences de genre et un continuum de violences faites aux femmes. Même si des femmes peuvent être autrices de violences conjugales, la grande majorité des victimes sont des femmes et une grande majorité d’hommes sont les auteurs de ces violences, pouvant aller jusqu’à l’assassinat et le meurtre. Cette réalité ne doit pas pour autant nier la victimisation au masculin ou celle de la réalité des couples issus de la diversité sexuelle et de genre.
Ainsi, les inégalités structurelles encore persistantes dans la société et l’apprentissage d’une culture stéréotypée participent au socle sur lequel s’appuient les violences contre partenaires intimes.

Source : Ssmsi, « Les violences conjugales enregistrées par les services de sécurité en 2022 », Info Rapide n°28, novembre 2023.
Données Ssmsi, bases statistiques des victimes de crimes et délits enregistrés par la police et la gendarmerie en 2022.

Source : Délégation aux victimes des directions générales de la police nationale et de la gendarmerie nationale, « Étude nationale sur les morts violentes au sein du
couple en 2022 », septembre 2023.
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