Égalité femmes-hommes

Le concept de genre

En tant que concept, le genre analyse les rapports de pouvoir entre les femmes et les hommes basés sur l’assignation des rôles socialement construits en fonction du sexe biologique. Il exprime les rapports sociaux de sexe, la construction sociale des caractéristiques, valeurs et normes attachées au féminin et au masculin par la culture, l’éducation, les institutions…

Ces rapports sociaux entre femmes et hommes, qui se transforment et évoluent en permanence selon les époques et les contextes, sont marqués, dans toutes les régions du monde, par une hiérarchisation et des inégalités au détriment des femmes.

 

Qu'est-ce que le concept de Genre ?

Le sexe correspond à la dimension biologique que ce soit en termes chromosomiques, d’organes génitaux et d’hormones ; le genre correspond aux rôles, comportements, expressions et identités que la société construit en fonction du sexe biologique, d’une fille, d’une femme, d’un garçon, d’un homme.

Les deux définitions sont souvent décrites de façon binaire, le masculin et le féminin, les hommes et les femmes. Or en biologie comme dans la dimension sociale, le sexe et le genre sont beaucoup plus multiples qu’on ne le croit. Dès la naissance, les caractéristiques biologiques plus complexes que l’attribution binaire existent (des variations chromosomiques XX, XY, XXY, Y,..., la variation selon les personnes des taux d’hormones œstrogènes et testostérones, ainsi que les organes génitaux qui peuvent présenter d’autres combinaisons que celles connues et que l’on nommera « intersexe »).

L’identité de genre peut être plurielle et évoluer dans le temps : personne transgenre, personne non binaire et personne cisgenre.

L’orientation sexuelle correspond à l’attirance affective et physique qu’une personne ressent pour une autre.

DÉFINITION DU SIGLE LGBTQIA+

Acronyme qui signifie Lesbienne, Gay, Bisexuel, Transgenre, Queer, Intersexué et Asexuel. Le signe plus (+) représente toutes les personnes et les groupes qui ne rentrent pas dans les normes de genre (cisgenre) et hétéronormatives, mais qui ne sont pas représentés par les lettres précédentes.

Souvent les termes et les définitions de genre, identité de genre et orientation sexuelle sont confondus.

Ils peuvent être combinés mais ils sont distincts. Ils ont en commun une norme dominante et culturelle qui s’appelle « hétéronormativité ».

QU'EST-CE QUE L'HÉTÉRONORMATIVITÉ ?

L’hétéronormativité construit un biais cognitif qui participe à valoriser l’hétérosexualité et à dévaloriser et donc discriminer tout ce qui ne rentre pas dans les codes culturels hétérosexuels. Ce qui participe à produire de l’homophobie, de la lesbophobie, de la transphobie et tout autre type de culture de rejet et de haine contre ce qui n’est pas semblable à l’hétérosexualité.

Le concept de genre

 

Conseil de l'Europe :
"Égalité de genre et approche intégrée de l’égalité entre les femmes et les hommes"

EN SAVOIR +

Définition de l'identité de genre au niveau des textes internationaux

EN SAVOIR +

Définition du genre par l'UNESCO

Le genre, une construction sociale
qui influence nos interactions

En tant que construction sociale, le genre influence profondément les comportements individuels et collectifs.

La différence de comportement entre les sexes s'inscrit dans des interactions complexes que chaque individu entretient avec soi-même comme avec son environnement. Le genre façonne et est façonné par ces interactions, participant ainsi à être un facteur explicatif parmi d'autres, des conduites à risques et des addictions. 
Par exemple en matière de santé publique, utiliser la variable de genre permet de rendre lisible que les hommes sont plus enclins à adopter des comportements à risques et moins susceptibles de rechercher de l'aide et des soins préventifs. Cela s'explique en partie par les normes sociales et culturelles qui valorisent la virilité et l'autonomie chez les hommes, et qui stigmatisent la recherche d'aide comme un signe de faiblesse.

Appliquée aux politiques publiques, l’analyse de genre a pour objectif de promouvoir l’égalité des femmes et des hommes tout en prenant en compte les différences et la hiérarchisation socialement construite, qui produisent des inégalités.

Par exemple, malgré 7 lois sur l’égalité professionnelle, il existe encore en France des inégalités salariales entre les hommes et les femmes. Sans l’analyse de genre, le sujet des violences économiques que subissent plus particulièrement les femmes pourrait être invisibilisé.

Le système de domination et d’oppression, appelé patriarcat, a pu être identifié et analysé grâce au concept de genre. Le patriarcat s’inscrit dans l’histoire comme un système de domination basé sur le sexe où les hommes, en tant que père ou mari, sont détenteurs de ce pouvoir. Ce système patriarcal a été organisé en s’appuyant sur des droits sociaux, politiques, économiques et juridiques qui sont inégalitaires, en défaveur des femmes. Malgré l’évolution récente en termes de droits et d’égalité, datant du 20ème siècle, les sociétés sont empreintes et marquées par ce système de domination.

groupe de personnes

Cette conception sociale (le genre) est le socle des discriminations, des violences, du sexisme et des inégalités femmes-hommes, et ce, dans tous les domaines de la société.

Les sciences sociales telles que l’histoire et la sociologie, permettent d’identifier les ressorts à l’œuvre qui conduisent les inégalités à se reproduire, notamment celles des violences de genre, ainsi appelées continuum des violences faites aux femmes.

Le genre est donc un principe d’organisation qui sert à catégoriser les individus dans toutes les sphères de la société. Les attentes sociales spécifiques qui existent aussi bien envers les hommes que les femmes, confèrent souvent des avantages sociaux ou des privilèges à certains individus d’un sexe (souvent les hommes) par rapport à ceux de l’autre sexe (souvent les femmes). Cela influence les opportunités offertes à chacun. En d’autres termes, le genre est donc un construit social qui perpétue les inégalités entre les hommes et les femmes.

Genre et criminologie

En criminologie, le genre est considéré comme l’un des principaux prédicteurs de comportements déviants (Heidensohn & Gelsthorpe, 2007). La différence considérable entre le nombre de délinquants hommes et femmes (dans tous les secteurs de la chaîne pénale) est appelée la problématique du ratio hommes-femmes dans la criminalité.

Une publication du service statistique du ministère de la Justice, datant de mars 2023, a permis de rendre compte d’une analyse genrée du traitement pénal.  

POURQUOI LES HOMMES SONT-ILS SURREPRÉSENTÉS EN MATIÈRE DÉLICTUELLE ET CRIMINELLE ?

Evidemment, seul le genre ne prédispose pas une personne à commettre une infraction. La justice s’intéresse d’ailleurs à la personnalité et à la trajectoire de l’individu et va ainsi analyser le concours complexe de circonstances, des causes et d’évènements.

La situation socio-économique, l’enfance et la famille, les expériences relatives à la violence, la consommation problématique de drogues et d’alcool, etc., sont autant d’aspects que le.la magistrat.e analyse pour son réquisitoire ou son prononcé de peine. Si le genre est un élément important dans le domaine de la justice, c’est que la manière dont la masculinité est construite joue souvent un rôle dans ce processus (quand les hommes doivent prouver qu’ils sont durs, compétitifs, qu’ils flirtent avec les prises de risques et qu’ils ne reculent devant aucun défi ou combat). A l’adolescence, en croisant classe sociale et genre, les analyses illustrent le sujet du décrochage scolaire et la délinquance comme concomitant. Être perturbateur et mauvais à l’école peut être valorisé dans les classes populaires chez les garçons.

L’analyse des variables âge, classe sociale, et genre sont ainsi intéressants à cumuler pour produire une réflexion sur le sujet.

Le genre et la prison

pourcentage des hommes condamnes et incarceres

La prison est connue pour être une institution extrêmement genrée. Si les hommes en France représentent en moyenne 75% des personnes condamnées, ils représentent 97% des personnes incarcérées.

Ainsi, les établissements pénitentiaires sont des lieux non mixtes (à l’exception d’activités mixtes) dont les personnes proviennent souvent de milieux et culture hyper-masculins, ce qui se traduit dans la vie des personnes emprisonnées.

En prison, il y a peu de possibilités de se conformer aux normes traditionnelles de masculinité qui prévalent dans le monde extérieur. En d’autres termes, il y a peu de possibilités de « faire du genre ». Les détenus ont peu de moyens, peu d’occasions d’avoir des contacts hétérosexuels, pas ou peu de possibilités de se distinguer par des symboles de statut tels qu’un emploi, une tenue vestimentaire, une belle voiture ou d’autres biens, ne bénéficient que d’une autonomie limitée, et la plupart d’entre eux n’ont pas reçu d’éducation ou très peu.

Qu’ont-ils comme options ? Un comportement machiste excessif, l’embellissement des histoires, les sports extrêmes, un comportement hypersexuel à l’égard des femmes, la violence ou les menaces de violence, etc.  
Il s’agit donc en fait d’un reflet amplifié et souvent nuisible de la norme masculine, qui s’applique aussi plus largement à la société. C’est particulièrement vrai chez les jeunes hommes.

Les recherches montrent que les jeunes détenus, en particulier, souffrent d’une insécurité et d’une peur profonde d’être considérés comme faibles ou féminins par les autres (et surtout les autres hommes). En prenant de l’âge et en acquérant une plus grande expérience de la vie, les hommes remettent souvent en question certaines normes de genre ou réalisent mieux que celles-ci leur ont créé des problèmes dans le passé.

Une étude Belge étudie et analyse comment le genre influence les rôles sociaux au sein de l’environnement carcéral, en tenant compte des déséquilibres structurels et historiques.

Cette étude Belge est présentée dans la page "Les masculinités" de notre site internet.

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