Les logiques d'actions,
une analyse sociologique des ressorts des violences conjugales

Une équipe interdisciplinaire en droit, criminologie, démographie et sociologie du Centre Emile Durkheim de l’université de Bordeaux a réalisé une recherche publiée par l’IERDJ en 2024, qui analyse 4 logiques d’actions à l’œuvre chez les auteurs de violences conjugales, en intégrant une perspective de genre.

Accueil Violences conjugales Les logiques d'actions, une analyse sociologique des ressorts des violences conjugales

L'objectif de la recherche
Genvipart

L’angle de la recherche était d’analyser pour mieux comprendre pourquoi, malgré des lois égalitaristes entre les hommes et les femmes, les violences masculines persistent et ce dans tous les milieux et à tous les âges.
Ces violences sont-elles sous tendues selon des logiques d’action sociales et genrées ?
Existent-ils des ressorts spécifiques qui seraient en lien avec des « masculinités héritières d’une socialisation différentielle » ?

La recherche Genvipart

Citoyens & Justice, en tant que partenaire de la recherche, a organisé un colloque en octobre 2023 sur la restitution de Genvipart intitulé "Violences de genre, violences intrafamiliales : une recherche systémique au service des pratiques".

Lire notre dossier spécial

L'analyse des violences conjugales
sous l’angle de la dimension genrées

Les violences masculines autrefois légitimées voire socialement encouragées sont actuellement interdites par la loi et appréhendées comme déviantes. Ce changement sociétal et législatif s’est durci ces dernières décennies et a été traduit par des politiques répressives de plus en plus fermes, nécessaires pour construire une culture de l’égalité entre les femmes et les hommes.

La recherche est formelle :

« La violence contre partenaire intime est bien une violence masculine de genre » que le droit et l’arsenal législatif a du mal à reconnaître en tant que tel.

La neutralité du droit en France n’a pas intégré la dimension genrée. A l’instar de ce qui se fait notamment en Espagne, coordonnant le droit pénal et le droit civil pour protéger les victimes et traiter les violences contre partenaires intimes, qui ont des ressorts et des dangerosités spécifiques, en raison des liens multiples qui existent entre les protagonistes (émotionnels, parentaux, matériels), de sorte que ces violences ne peuvent être rabattues sur des seules « circonstances aggravantes ».

En analysant les violences conjugales sous l’angle de la dimension genrée, le caractère problématique des masculinités apparait comme un axe d’accompagnement des auteurs incontournable. Notamment en écoutant le discours des auteurs qui expriment un « retour du genre », une sorte d’inversion paradoxale qui les conduise à penser que ce sont eux qui sont « victimes des violences psychologiques à leur encontre par les femmes auxquelles ils n’ont fait que répondre, tout comme ils sont victimes d’un agenda féministe médiatique et judiciaire qui stigmatise les hommes ordinaires comme eux ».

La violence masculine contre partenaire intime a pour ressort des masculinités archaïques qui ont perdu leur puissance. La violence masculine apparait donc comme la solution pour ces hommes qui se sentent débordés, contrariés, blessés par une perte de contrôle de soi et des relations. Cette violence serait l’expression d’une vulnérabilité impossible à exprimer par des compétences relationnelles. Coincés dans des normes de genre, ces hommes violents seraient confrontés à un défaut d’intelligence émotionnelle, un défaut de contrôle de soi face à des contrariétés, des émotions, du stress, qui peuvent être cumulés à de la consommation d’alcool ou de drogues.

Par ailleurs, ces logiques d’actions violentes seraient quant à elles plus organisées et ritualisées, voire anticipées, préparées. Il s’agit d’une identification rigide de la masculinité, une logique oppressive et contrôlante, liée à la contrariété d’une relation construite de façon asymétrique très stéréotypée. 

4 logiques d'actions identifiées

L’identification des 4 logiques d’actions ne repose pas sur des profils psychologiques des auteurs mais plutôt sur les ressorts liés aux masculinités qui sont « mal équipées pour gérer les relations, les émotions et des circonstances qui mettent à mal une définition de soi héritée d’une socialisation de genre différentielle trop polarisée et/ou trop rigide ».

Les 4 logiques d'action identifiées par la recherche Genvipart sont :

1. Violences habituelles

2. Perte de contrôle de soi

3. L’emprise

4. Reprise de contrôle sur autrui

La fédération, lors du colloque organisé en octobre 2023, a fait interprété par un théâtre forum ces 4 logiques d'actions.

Les 4 logiques d'actions en vidéo

L'avis
de Citoyens & Justice

La fédération C&J encourage à développer la dimension de genre dans les accompagnements des auteurs de violences conjugales.

A la fois dans l’analyse pour les professionnel.le.s afin qu’ils et elles soient aguerri.e.s dans les ressorts qui sous-tendent ces violences masculines, mais également, comme le préconise le Conseil de l’Europe, d’intégrer les masculinités dans les programmes (stages de responsabilisation, groupe de parole, ou tout type d’accompagnement collectif et/ou individuel, dans le cadre d’une procédure judiciaire ou non). 

Devenez adhérent
Devenez adhérent

Rejoignez notre réseau
Agissez dans l’accompagnement
la pacification et l’investigation

Devenez partenaire
Devenez partenaire

Agissez avec nous
Aidez-nous à promouvoir
la démocratie associative

parcours d'intervenant socio-judiciaire
Parcours d’intervenant
socio judiciaire

Faites reconnaître
vos compétences professionnelles

Ressources et lettres aux adhérents
Lettre aux adhérents
Evénement
Événements
offre d'emploi
Offres d'emploi
arrow_upwardTOP