Qu'est-ce que le backlash ?
La notion de Backlash a été conceptualisée par une journaliste américaine, Susan Faludi, en 1991. Elle a écrit un livre, "Backlash : la guerre froide contre les femmes", fruit de 4 années d’investigation, qui a d’ailleurs été récompensé par le prix Pulitzer.
Dans cet essai, Susan Faludi explique, avec de nombreuses sources et statistiques à l’appui, comment toute avancée des droits des femmes et d’autres minorités se trouve systématiquement suivie d’une vague de résistances, de contestation, et de retour en arrière, qui s’illustre par des mécaniques d’exclusion.
« Avec Backlash, Susan Faludi pose un mot sur une inquiétude latente de ce temps-là ; mais aussi sur un phénomène qui apparaît comme récurrent : après les poussées d’émancipation des femmes, on observe souvent une réaction politique qui provoque une régression des droits et des libertés des femmes », indique l’historienne Christine Bard, spécialiste de l’histoire du féminisme et de l’antiféminisme.
Dans l’usage courant, le backlash est associé à une réaction conservatrice face à un changement social et politique progressiste.
Selon Martin Lipset et Earl Raab, la politique du backlash est une « politique du désespoir ». Ces auteurs insistent sur « les efforts incessants des vieux “groupes d’appartenance”, en particulier ceux des hommes cisgenre blancs, pour protéger leurs valeurs et leur statut ».
Finalement, est-ce que le masculinisme ne s’inscrit pas dans une forme de backlash, comme l’expression d’une reconquête d’une place dominante envers les femmes ?
Les « haters » sur les réseaux sociaux, qui usent et abusent de commentaires misogynes, homophones et sexistes, expriment probablement la volonté de revenir à un temps révolu, à une forme de contrôle des femmes (impactant leur visibilité et leur liberté) pour maintenir un pouvoir qui autrefois était légitimé.
Dans certains pays, ce backlash revêt un réel retour en arrière concernant les droits des femmes.
Pourtant acquis au niveau mondial dans de nombreuses démocraties, les droits des femmes ont connu un recul ces dernières années, notamment le droit d’avorter, comme en Afghanistan, au Brésil, en Russie, aux États-Unis, pour n’en citer que quelques-uns au niveau international, ou encore en Italie, en Suède, en Turquie, en Hongrie pour citer les pays européens concernés.
Ainsi le mouvement égalitariste et progressiste qui cherche à tendre vers une égalité réelle entre les femmes et les hommes peut être confronté à des mouvements réactionnaires très offensifs. Cette notion de backlash peut être visible et organisée, comme évoqué précédemment avec des lois qui ne sont plus appliquées ou même abrogées, ou prendre des formes plus invisibles et insidieuses. Le niveau d’impunité des violences sexistes et sexuelles, durant des décennies, n’est-il pas l’expression d’une forme de résistance pour faire ombrage à l’égalité, la dignité et à la défense des droits des victimes ?
Le backlash peut être identifié et mesuré en termes de recul des droits des femmes et d’autres personnes discriminées, mais également en utilisant des données statistiques retranscrites dans des rapports et des recherches sur le sexisme et les inégalités.
Par exemple, le rapport de la Cour des comptes de 2025 sur « les inégalités entre les hommes et les femmes de l’école au marché du travail » illustre la persistance des inégalités malgré des évolutions, qui rend compte d’un « paradoxe : les femmes sont plus diplômées que les hommes, elles n’accèdent pas aux postes et aux métiers les mieux considérés et les plus rémunérateurs ».
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