[Lettre ouverte - Citoyens & Justice] Un enfant en conflit avec la loi est avant un tout un enfant à protéger
Publié le mardi 11 mars 2025Citoyens & Justice s’engage auprès de tous les enfants à protéger quelle que soit leur vulnérabilité. Marielle Thuau, présidente de la fédération, porte cet engagement à travers une lettre ouverte. Elle y présente notamment 3 documents, issus d'analyses, d'échanges et de témoignages réalisés par la fédération aux côtés de partenaires et d'associations adhérentes.
"Nous continuons de constater et de défendre
qu’un enfant en conflit avec la loi
est avant un tout un enfant à protéger."
Marielle Thuau,
présidente de Citoyens & Justice
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NOTE DE |
SYNTHESE |
ANALYSE |
Après des années d’expertise, sur la justice pénale des mineurs en milieu ouvert, en insertion, en prison, en maison d’enfants, des années d’intervention auprès des auteurs mais aussi de leur victime dans le cadre de la mise en œuvre de la justice réparatrice (réparation, médiation et justice restaurative), nous continuons de constater et de défendre qu’un enfant en conflit avec la loi est avant un tout un enfant à protéger.
C’est ce que dit la loi depuis 1889, c’est ce que disent les statistiques d’hier et d’aujourd’hui, c’est ce que disent également les acteurs de terrain.
Bien souvent, ces jeunes ont vécu les mêmes traumatismes de rupture de lien que ceux de l’aide sociale à l’enfance et il est vain de vouloir les séparer en deux ou même trois groupes, avec les MNA (mineurs non accompagnés). La protection de l’enfance s’adresse à ces mêmes jeunes et surtout à la même détresse, avec des impacts et des réactions différentes selon les enfants, selon aussi la dureté de leur parcours.
Alors au lieu de diviser, de découper, de fractionner la protection de l’enfance par territoire institutionnel et finalement d’opposer les acteurs, les uns aux autres, Citoyens & Justice propose une protection de l’enfance renforcée, décloisonnée au seul service de l’intérêt supérieur de l’enfant.
Un enfant, un adolescent, ou un jeune majeur, doit être appréhendé dans toute sa globalité, par définition plurielle, en s’appuyant sur le savoir-faire de chacun de façon harmonisée et en complémentarité. C’est pourquoi nous proposons une nouvelle gouvernance pilotée par l’ASE et la PJJ en lien constant avec la juridiction et le secteur associatif à but non lucratif, et la création d’une instance supérieure de contrôle.
Une autre protection de l’enfance est possible, une protection de l’enfance qui prend collégialement le risque de l’éducatif et de l’universalité en revenant à l’essence même de sa mission de protection de tous les enfants en situation de vulnérabilité, quels que soient leur parcours de vie ou leur parcours migratoire, leur chute ou rechute, leur mise en danger d’eux-mêmes ou d’autrui.
Je vous invite à découvrir notre positionnement et nos propositions à travers 3 documents, de réflexion, d’échanges et de débats avec des exemples concrets et des idées à creuser.
Marielle Thuau,
présidente de Citoyens & Justice








